Chaque papillon est une histoire suspendue, un souffle fragile qui traverse le temps – tout comme les souvenirs que nous portons, invisibles mais présents.
Alfred Bindler est un amateur de papillons averti. Il est reconnu comme une référence en ce domaine.
Quand le roman débute il est déjà un monsieur d’un certain âge. Sa fille lui rend visite régulièrement et un petit fils adolescent vient frapper lui aussi quelquefois à sa porte, prenant goût à son tour aux papillons.
Bindler est veuf. Au cours d’une quête aux papillons il fait la rencontre d’une jeune femme qui court dans la forêt avec son petit chien. Ils se rencontrent une fois par semaine, en tout bien tout honneur… sauf une seule fois.
Il s’agirait donc d’une vie banale. Ce qui donne du prix à celle-ci, ce sont les papillons, leurs réalité scientifique passionnante, leur beauté, les souvenirs qu’ils restituent.
Glasberg, l’initiateur de Bindler, introduit toutefois une dimension de plus en supposant l’existence d’une espèce de phalènes hypothétique. Jamais attestée et jamais observée peut-être, cette phalène, d’une livrée supposée parfaitement blanche, s’avère toutefois être une nécessité dans la continuité des espèces. Glasberg lui donne même un nom pour en confirmer l’existence virtuelle : Angerona perfecta.
La phalène blanche hypothétique continuera de fasciner Alfred Bindler bien après la mort de Glasberg. Il se rendra même compte qu’elle s’est dédoublée dans sa conscience en y devenant un objet de quête. Le dénouement lui révélera quelle signe elle voulait lui adresser.
Particularités
Deux couples antagonistes devraient contribuer à établir des tensions narratives :
- L’opposition entre la banalité d’une vie et la richesse existentielle de celle-ci,
- L’écart entre l’exactitude scientifique et la fiction romanesque fondée sur la recherche d’un absolu.
Intention
Pour avoir eu la chance de côtoyer en tant que très jeune individu un entomologiste très chevronné, bien qu’amateur (il est d’ailleurs devenu le modèle de Glasberg), j’ai pu me rendre compte que l’intérêt scientifique n’était peut-être pas l’unique et pas même le facteur principal de la fascination que les insectes, et en particulier les papillons, exercent sur certaines êtres. L’élément déclencheur menant à eux se situe même, semblerait-il, ailleurs et, en particulier, dans l’attrait esthétique… avec tout ce que celui-ci laisse supposer lui-même. J’ai voulu prospecter ces voies.
Ce roman a obtenu en 2021 le prix du jury du salon La nature du livre.
[Également disponible au format Livre numérique]


