[Roman à l’état de manuscrit]
L’histoire commence à propos d’un livre problématique. Son auteur, un certain Sami Goldkorn, y prétend que « les empires qui se sont succédé en Europe étaient soumis à un déterminisme irrévocable. »
Le narrateur est auteur aussi. Il connaît bien Sami Goldkorn, et pour diverses raisons : il pense qu’à tout moment les choses auraient pu au contraire se passer autrement ; il écrit de petites fictions qui cherchent à le démontrer en rouvrant au Possible les portes qu’on lui referme ailleurs ; sa compagne l’a quitté pour Goldkorn !
Lorsque son éditeur lui propose d’écrire un livre contredisant Goldkorn, le narrateur a donc toutes les raisons pour relever le défi. Il entreprend une enquête sous forme de voyage, visitera Ravenne, Udine, Graz, Vienne et Prague, suivant ainsi un grand point d’interrogation à travers la vieille Europe. Il cherchera à prouver que la succession jugée impérieuse ne l’est qu’a posteriori et de façon illusoire.
En vérité, tout oppose les deux auteurs. C’est que croire ou non que l’Avant détermine l’Après se traduit aussi dans la manière de vivre et de concevoir sa propre existence.
Dans le train, le personnage narrateur rencontre un marionnettiste pragois dont il ira voir les spectacles deux fois.
Les leçons du petit théâtre pragois, donnant en spectacle des personnages dont il faut à tout instant entretenir l’existence grâce à l’apesanteur, donneront raison au voyageur-enquêteur de façon superlative.
