La chambre de Balsam

Couverture du livre : La chambre de Balsam, de Gérard Freitag. Genre : roman. Éditions : L'Harmattan.

La chambre de Balsam n’était pas qu’un lieu. C’était une mémoire, un cœur battant qui puisait dans le passé pour éclairer le présent – ou pour le troubler. »

Ce qui me surprend quand je rouvre ce livre pourtant écrit il y a presque 20 ans, c’est que je m’y retrouve partout. J’ai l’impression d’avoir vécu dans les paysages qu’il évoque : Plainfosse, le plateau d’Aumasse, la côte d’Orbois, Clelles et les Hauts de Clelles et tout cet espace d’habitat dispersé, dans une montagne pleine de détours et de retraits, de forêts et de combes dans lesquels on se perd, quand bien même on l’a parcouru plus d’une fois…

Et les personnages aussi, je crois les avoir fréquentés : le docteur Mache, qui quitte ses fonctions sans regret, sans états d’âme ; le jeune médecin de campagne qui lui succède dans un monde taiseux et circonspect ; Apolline Fernant habitant seule désormais sur les Hauts de Clelles et dans son passé révolu ; Balsam couché dans sa chambre à l’étage depuis l’attaque qui l’a abattu sur le seuil d’une porte ; sa fille énigmatique… et c’est un peu comme si je lisais les lettres du « corbeau » inquiétant et qui remettent en cause le passé de la jeune épouse du héros narrateur. Et je les ai pourtant moi-même écrite.

Particularités

Le fait que le narrateur soit aussi le personnage principal était un choix décisif. Il met en place un système narratif qui permet le mystère et place le héros en situation d’enquêteur. Les lettres anonymes, dont la matière se conforme à un calcul insidieux, dédoublent les possibilités d’une mise en attente de l’action mais aussi la mise en suspicion des êtres et d’un espace.

Intention

Deux choses, je crois, ont été déterminantes pour l’écriture de ce roman : l’évocation de lieux qui, plus qu’un décor, ont une capacité de résonance et de mise en écho avec des destinées personnelles ; l’idée de lettres anonymes qui remettent dangereusement en cause des vies qui auraient pu paraître sans histoire.